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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/191

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& un attachement sincère pour l’intérêt commun de toute la société.

Guillaume Atkins répondit d’une manière gaie & cordiale, qu’ils avoient eu assez de malheurs pour devenir modérés, & assez de discordes pour devenir amis ; que pour sa part il promettoit de vivre & de mourir avec les autres ; que, bien loin de nourrir quelque haine contre les Espagnols, il avouoit qu’il avoit mérité de reste tout ce qu’ils avoient fait à son égard, & que s’il avoit été à leur place, & eux dans la sienne, ils n’en auroient pas été quittes à si bon marché ; qu’il étoit prêt à leur demander pardon, s’ils le vouloient, de ses folies & de ses brutalités ; qu’il souhaitoit leur amitié de tout son cœur, & qu’il ne négligeroit aucune occasion de les en convaincre ; qu’au reste, il étoit content de ne pas revoir encore sa patrie de vingt ans.

Pour les Espagnols, ils dirent qu’en effet ils avoient dans le commencement désarmé & exilé Atkins & ses compagnons, à cause de leur mauvaise conduite, & qu’ils s’en rapportoient à moi, s’ils l’avoient fait sans raison : mais qu’Atkins avoit marqué tant de bravoure dans la grande bataille contre les sauvages, & qu’ensuite il avoit donné tant de marques de l’intérêt qu’il prenoit dans toute la société, qu’ils avoient oublié tout