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Nos gens leur enseignèrent ensuite à faire des pelles de bois, comme j’en faisois autrefois pour moi-même, & firent présent à toute la troupe de douze haches & de trois couteaux ; avec ces outils ils facilitoient leur travail & vivoient avec toute la tranquillité & avec toute l’innocence qu’on pouvoit désirer.

Après la fin de cette guerre, la colonie jouit d’une tranquillité parfaite, par rapport aux sauvages, jusqu’à ce que je revins la voir deux années après. Les canots des sauvages ne laissoient pas d’y aborder de tems en tems pour faire leur repas inhumains ; mais comme ils étoient de différentes nations, & qu’ils n’avoient apparemment jamais entendu parler de ce qui étoit arrivé aux autres, ils ne firent aucune recherche dans l’île pour trouver nos sauvages ; & quand ils l’auroient fait, ç’auroit été un grand hasard s’ils les avoient trouvés.

C’est ainsi que j’ai donné un récit fidèle & complet de tout ce qui étoit arrivé de considérable à ma colonie pendant mon absence. Elle avoit extrêmement civilisé les indiens, & leur rendoit de fréquentes visites ; mais elle leur défendoit, sous peine de la vie, de la venir voir à leur tour de peur d’en être trahie.

Ce qu’il y a de remarquable encore, c’est que nos gens avoient enseigné aux sauvages à faire