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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/160

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possible, en faisant un détour dans le bois pour se placer derrière les Espagnols, qui avoient une rangée d’arbres devant eux.

Les sauvages s’avançant par petits pelotons sans aucun ordre, Atkins en laissa passer une cinquantaine, & voyant que le reste faisoit une troupe aussi épaisse que dérangée, il fit faire feu à trois de ses gens qui avoient chargé tous leurs fusils de six ou sept balles, à peu près du calibre d’un pistolet. Il n’est pas possible de dire combien ils en tuèrent & blessèrent ; mais leur surprise & leur consternation n’est pas exprimable. Ils étoient dans un étonnement & dans une frayeur terrible d’entendre un bruit si inouï, & de voir leurs gens tués & blessés, sans en pouvoir découvrir la cause ; quand Atkins lui-même & les trois autres firent une nouvelle décharge dans le plus épais de leur bataillon ; & en moins d’une minute, les trois premiers ayant eu le tems de charger de nouveau leurs fusils, leur donnèrent une troisième décharge.

Si alors Atkins & ses gens s’étoient retirés immédiatement, comme on le leur avoit ordonné, ou si les autres avoient été à portée de continuer le feu, les sauvages étoient défaits indubitablement ; car la consternation dans laquelle ils étoient, venoit principalement de ce qu’ils