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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/142

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imaginable de leur humanité & de leur justice.

Le parti le plus naturel qu’il y avoit à prendre, c’étoit de se retirer, & de donner par-là le tems à ces Indiens de s’éveiller & de sortir de l’île ; mais une circonstance rendoit ce parti inutile. Ces pauvres gens n’avoient point de barque, & s’ils se mettoient à roder par l’île, ils pouvoient découvrir les plantations, & par-là, causer la ruine de la colonie.

Là-dessus, voyant que ces malheureux sauvages continuoient toujours à dormir, ils résolurent de les éveiller & de les faire prisonniers. Ces pauvres gens furent extrêmement surpris quand ils se virent saisis & liés, & ils furent agités d’abord par les mêmes craintes qu’on avoit remarquées dans les femmes de nos Anglois, car il semble que ces peuples s’imaginent que leur coutume de manger les hommes est généralement répandue par toutes les nations. Mais on les délivra bientôt de ces frayeurs, & on les mena, dans le moment même, à une des plantations.

Par bonheur on ne les conduisit pas à mon château ; ils furent d’abord menés à ma maison de campagne, qui étoit la ferme principale, & ensuite on les transporta à l’habitation des deux Anglois.