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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/132

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Dès-qu’ils en furent instruits, ils marquèrent une joie extraordinaire par milles postures comiques toutes différentes ; ce qui faisoit voir qu’ils étoient de différentes nations.

Les femme qui faisoit l’office d’interprète eut ordre de leur demander s’ils vouloient bien être esclaves, & travailler pour les hommes qui les avoient amenés pour leur sauver la vie : sur quoi ils se mirent tous à danser, & à prendre l’un une chose, l’autre une autre, & à les porter vers la cabane, pour marquer qu’ils étoient prêts à rendre à leurs maîtres toutes sortes de services.

Le gouverneur, craignant que ces femmes ne donnassent occasion à de nouvelles querelles, & peut être à quelques effusions de sang, demanda aux trois Anglois ce qu’ils avoient résolu de faire de ces personnes, & s’ils avoient intention de les employer comme servantes ou comme femmes ; l’un & l’autre, répondit un d’eux : » Je ne prétends pas vous en empêcher, répartir l’Espagnol ; vous en êtes les maîtres : mais je crois qu’il est juste, pour éviter des désordres, que vous n’en preniez chacun qu’une seule, & que vous vous y teniez sans avoir aucun commerce avec les autres. Je sais bien que je ne suis pas qualifié pour vous marier légitimement ; mais il me paroît raisonnable que, pendant que vous serez ici ; vous viviez avec la femme qui vous