Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/127

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

par signes, du mieux qu’ils purent, quelles nations il y avoit là aux environs. On leur fit entendre que c’étoient des peuples cruels, habitués à manger les hommes ; mais que pour eux, ils ne mangeoient ni hommes ni femmes, excepté les prisonniers de guerre, dont la chair leur fournissoit un festin de triomphe.

Les Anglois leurs demandèrent de la même manière quand ils avoient eu un pareil festin. Ils firent comprendre qu’il y avoit deux mois, en étendant la main du côté de la lune, & montrant deux de leurs doigts. Ils y ajoutèrent que leur grand roi avoit deux cens prisonniers qu’il avoit faits dans une bataille, & qu’on les engraissoit pour le festin prochain. Les Anglois parurent là-dessus fort curieux de voir ces prisonniers ; mais les sauvages les entendant mal, s’imaginèrent qu’ils souhaitoient d’en avoir quelques-uns pour les manger ; & montrant du doigt le couchant & ensuite l’orient, ils leur firent entendre qu’ils leur en apporteroient le lendemain.

Ils tinrent leur parole, & leur amenèrent cinq femmes & onze hommes, dont ils leur firent présent ; de la même manière que nous amenons vers quelque port de mer, des bœufs & des vaches pour avitailler un vaisseau.

Quoique mes scélérats eussent donné dans notre île les plus grandes marques de barbarie, l’idée