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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/126

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On commença à s’étonner d’un si prompt retour, dont il étoit impossible de deviner la cause.

Avant de les faire entrer, on trouva bon de les questionner sur l’endroit où ils avoient été & sur ce qu’ils y avoient fait. Ils répondirent en peu de mots, qu’ils avoient fait le passage en deux jours de tems ; qu’ils avoient vu sur le rivage où ils avoient dessein d’aborder, une prodigieuse quantité d’hommes qui paroissoient allarmés de les voir, & qui se préparoient à les recevoir à coups de flèches & de javelots, s’ils avoient osé mettre pied-à-terre ; qu’ils avoient rasé les côtes du côté du nord, l’espace de six ou sept lieues, & qu’ils s’étoient apperçus que ce que nous prenions pour le continent, étoit une île ; que bientôt après ils avoient découvert une autre île à main droite du côté du nord, & beaucoup d’autres du côté de l’ouest ; & qu’étant résolus d’aller à terre à quelques prix que ce fût, ils étoient passés du côté d’une de ces îles occidentales, & y avoient débarqué hardiment ; qu’ils avoient trouvé le peuple fort honnête & fort sociable, & qu’ils en avoient reçu plusieurs racines & quelques poissons secs ; les femmes paroissoient disputer aux hommes le plaisir de leur fournir des vivres, qu’elles étoient obligées de porter sur leur tête pendant un assez long chemin.

Ils restèrent là quatre jours, & demandèrent