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l’espace de quatre jours ils en creusèrent une dans un des côtés de la colline, suffisamment grande pour mettre leur grain & leurs autres provisions à l’abri, mais c’étoit peu de chose comparée à la mienne, sur-tout dans l’état où elle fut, lorsque les Espagnols l’eurent élargie considérablement, & qu’ils y eurent ajouté plusieurs appartemens.

Environ neuf mois après cette séparation, il prit un nouveau caprice à ces coquins dont les suites jointes à celles de leurs crimes passés, les mirent dans un grand danger, aussi bien que toute la colonie. Fatigués de leur vie laborieuse, sans la moindre espérance d’une plus heureuse situation pour l’avenir, ils se mirent en tête de faire un voyage dans le continent d’où les sauvages étoient venus : & cela pour essayer de faire quelques prisonniers propres à les décharger du travail le plus rude.

Ce projet n’étoit pas si mauvais, s’ils s’y étoient pris avec modération ; mais ces malheureux ne faisoient rien sans qu’il y eût quelque crime, ou dans le projet, ou dans l’exécution. À mon avis, ils étoient sous une espèce de malédiction du ciel, qui, pour les punir de leurs crimes, leur en laissoit faire de nouveaux, dont il les châtioit par de nouvelles catastrophes. Du moins mon sentiment est que, si l’on ne veut pas admettre que des crimes visibles s’attirent dans le monde des châtimens visibles, il est difficile d’accorder ce qui