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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/112

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plantoient beaucoup plus grands & plus avancés que je ne l’avois fait, n’ayant que le dessein de mettre des pallissades devant ma fortification, à peine avoient-ils été en terre pendant trois ou quatre ans, qu’étant fort près l’un de l’autre, ils firent une haie impénétrable à la vue même. À l’égard de ceux que j’avois plantés, & dont le tronc étoit de la grosseur d’une cuisse d’homme ils en mirent un si grand nombre de jeunes, & les placèrent si serrés, que pour pénétrer par force dans le château il auroit fallu une armée entière pour s’y faire une entrée à coups de hache ; car à peine un petit chien auroit-il pu passer au travers.

Ils firent la même chose des deux côtés de mon habitation, & par derrière ; & ils couvrirent d’arbres toute la colline, ne se laissant pas à eux-mêmes la moindre sortie, sinon par le moyen de mon échelle qu’ils tiroient après eux pour monter sur le second étage de cette hauteur, précisément comme je m’y étois pris autrefois moi-même. Ainsi, quand l’échelle n’y étoit pas, il falloit des aîles ou du sortilège pour rendre quelqu’un capable de venir à eux.

Il n’y avoit rien de là qui ne fput parfaitement bien imaginé ; & ils virent ensuite que toutes ces précautions n’avoient pas été inutiles. Je fus convaincu par-là que, comme la prudence humaine