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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/111

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D’ailleurs ils prirent un parti fort prudent à mon avis, par rapport à leurs prisonniers. Ce fut de leur cacher soigneusement le bétail qu’ils avoient dans cette vallée, & la plantaiton qu’ils avoient trouvé à propos d’y faire. Sur-tout ils ne les laissèrent jamais approcher de la grotte, qu’ils considéroient comme un asyle sûr, en cas d’extrême nécessité, & où ils avoient caché les deux barils de poudre que je leur avois laissés en partant.

Comme j’avois mis mon château à couvert par un retranchement, & par un bois assez épais, ils virent aussi-bien que moi que toute la sûreté consistoit à n’être pas découverts, & conséquemment ils résolurent de rendre leur habitation invisibles de plus en plus. Pour cet effet, voyant que j’avois planté des arbres à une assez grande distance de l’entrée de ma demeure, ils suivirent le même plan, & en couvrirent toute l’étendue qu’il y avoit entre mon bocage & le côté de la baie où autrefois j’avois abordé avec mes radeaux. Ils poussèrent leur plantation jusqu’à l’endroit marécageux que la marée inondoit, sans laisser le moindre lieu commode pour y débarquer, ni la moindre trace qui pût le faire entreprendre.

J’ai déjà dit que les arbres de cette espèce croissent en fort peu de tems, & comme ils les