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Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/107

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surprendre, & de les faire prisonniers : ce qui fut fait.

Le reste du peuple s’enfuit du côté de leurs canots, & se mit en mer. Pour les victorieux, ils ne les poursuivirent pas avec beaucoup d’ardeur, & s’étant tous mis ensemble, ils jetèrent deux grands cris pour célébrer leur triomphe, selon toutes les apparences. Le même jour, à peu-près à trois heures de l’après-dînée, ils rentrèrent dans leurs barques, & de cette manière ma colonie s’en vit délivrée, & ne revit pas ces hôtes incommodes de plusieurs années.

Après qu’ils se furent tous retirés, les Espagnols sortirent de leur embuscade pour aller examiner le champ de bataille. Ils y trouvèrent à-peu-près une trentaine de morts, dont quelques-uns avoient été tués par de grandes flèches qu’on leur voyoit encore dans le corps ; mais la plupart avoient perdu la vie par des coups terribles de certains sabres de bois, dont mes gens trouvèrent seize ou dix-sept sur la place, avec autant d’arcs & de javelots. Ces sabres étoient d’une grosseur & d’une pesanteur terrible, & il falloit avoir une force extraordinaire pour les manier comme il faut. La plupart de ceux qui avoient été tués par ces instrumens avoient la tête brisée, &, comme l’on dit, en marmelade. D’autres avoient les jambes & les bras cassés ; ce qui marque clairement