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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/61

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LVII
INTRODUCTION

veoir, xxv, 3 ; lv, 3, etc.(cf. Thurot, t. I, p. 529).

4° L’i adventice des verbes en -ier tend à disparaître ; c’est ainsi que nous trouvons :

aleger, au lieu d’alegier, rimant avec finer, xliii, 6 et 7.

batailler, detailler, esmailler, esmerveiller, tailler, au lieu de bataillier, detaillier, esmaillier, esmerveillier, taillier, rimant avec bruler, voler, etc., cxxvii, 18, 20, 22, 25 et 27.

Certaines pièces cependant ne présentent dans leurs rimes que des mots terminés primitivement en ier (nos lii et lx).

5° La diphtongue oi se prononce è (=ai), comme le montre le mot congnoistre rimant successivement avec adestre (vi, 1 et 4), estre (xx, 12 et 13) et maistre (cxxi, 6 et 8). Cf. Thurot, t. I, p. 376.

L’orthographe pouair pour pouoir (cxxxii, 8) est une preuve nouvelle de cette prononciation bien connue. De même dans d’autres mots, ai précédé d’une labiale, s’écrit oi et se prononce uai (cf. W. Meyer, Grammaire des langues romanes, éd. fr. t. I, p. 217) :

foiz (lxxiii, 13), foix (lxxxi, 2), fois (clxi, 1) pour fais.

poyer (lxiv, 7), pour payer (cf. Thurot, t. I, p. 381-382).

o, tonique, provenant d’un au latin ou d’un o entravé, se prononce ou devant l’s. La preuve de cette prononciation que Henri Estienne reproche plus tard aux courtisans (cf. Thurot, t. I, p. 242) est fournie par les mots :

chouse, cxxxii, 3, etc.