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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/44

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XL
RONDEAUX

Maiz j’ay veü povre de negligent.
Or y pensez et sachiés vrayement :
Nul ne tendit oncques a cheval d’or
Qu’il n’en eüst la bride en son vivant,
Se du querir fu saige et diligent.

Ces trois formes de rondeau, qui portent indistinctement le nom de rondelets[1], sont les seules qui se retrouvent en octosyllabes et en décasyllabes dans un manuscrit entièrement consacré à la poésie de cette époque (B. N. fr. 12557). La disposition des rimes varie quelquefois ; c’est ainsi que nous avons deux types pour le rondeau double : abab | abab | abababab, type déjà connu, et abcd | abcab | abcdabcd où interviennent deux nouvelles rimes.

Le rondeau n’ayant que 3 vers au premier couplet offre encore plus de variétés : aba | abab | abaaba, aab | aaaa | aabaab et abc | abab | abcabc.

Eustache Deschamps, qui ne connaît ordinairement que ces 3 formes de rondeaux, offre cependant le premier exemple d’une pièce écrite en octosyllabes, dont le premier couplet ait 5 vers[2] : aabba | babaa | aabbaaabba.

Froissart, qui dans l’ordre du temps vient après Deschamps, nous donne peu de renseignements, car sur les 107 rondelès amoureus qu’il a composés en vers décasyllabiques[3], 106 sont des rondeaux simples : ab | aa | abab. Une seule pièce, la xxie, à la forme abb | aab | abb |abb.

  1. Op. cit., t. IV, p. 43 ; voy. aussi le ms. fr. 12557 de la Bibl. nat., fol. 153 vo et 158.
  2. Op. cit., t. IV, p. 36. Les couplets sont mal coupés dans l’édition.
  3. Œuvres de Froissart, poésies p. p. Aug. Scheler, t. II (1871), p. 396-427.