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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/180

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RONDEAUX

Plus cuide aller vers vous, mains sçay comment,
25Plus suis espris, et plus ay de tourment,
Plus pleure et plains, et plus pleurer desire,
Plus chose n’est qui me puisse souffire,
Plus n’ay repos, je hay les jours et nuys,
Plus que jamais a douleur me fault duire,
30Puis que de vous aproucher je ne puis.

Plus n’ay mestier de jouer ne de rire,
Plus n’est le temps si non du tout despire,
Plus cuide avoir de doulceur les apuys,
Plus suis adonc desplaisant et plain d’ire,
35Puis que de vous aproucher je ne puis.

CXXVI

Blosseville

(fol. 65 v°)
Vous qui parlés de la beauté d’Elaine
Qui de Paris fut en Grece ravie,
Et de Judit la preuse souveraine,
Par qui perdit Ollofferne la vie,
5Avoir deussiez de parler plus d’envie
D’une pour qui bien devons priser l’M[1]
Qui en estoit par trop plus assouvie :
Je requier Dieu qu’il en veuille avoir l’ame.

De cela fut Polissenne moult plaine
10Dont Achillès vouloit faire s’amye,

  1. CXXVI. Ms. fr. 9223 lame ; voy. plus haut le rondeau LXXXII.