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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/172

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RONDEAUX

De la maistresse de mon cueur,
Demander mieulx je ne saroye.

5Ung regart d’elle seullement
Mon cueur contente tellement,
Que rien n’est qui tant me reviegne :
Amer et servir leaument
Tousjours la vueil, non aultrement,
10Quelque chose qui m’en aviegne.

Et quant bien fort je penseroy
Au[s] tresgrans biens d’elle et valeur,
Dieu merciroye d’ung tel heur,
Et ainsi me conten[te]roye,
15Quant jamais [aultre bien n’aroye.]

CXVII

Le Roussellet

(fol. 61)
Se longuement j’eusse esté sans vous voir,
Ainsi m’aist Dieux, que je sçay tout de voir
Que de la mort eschapper ne pouoye,
Car sans cesser en tel paine j’estoye,
5Qu’ung tout seul bien je ne savoye avoir.

Oncquez mais je ne sceuz si bien
Combien mon cueur vous veult de bien,
Comme je le sçay a ceste heure :
Je ne le vueil blasmer en rien,
10Mais il est vostre plus que mien,
Ma dame, je le vous asseure.