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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/162

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RONDEAUX

Je prie a Dieu que je trespasse,
Mais que ce soit prouchainement,
Sans en avoir respit ne grace,
10Et que ma personne soit arce
Comme herese en plain jugement.

Soyez seurs qu’il[1] n’est avantaige,
Beauté, bonté ne grant lignaige[2]
Que Fortune m’osast ouffrir,
15Qui me seust faire departir
Du lieu ou je suis en servaige :
Savoir a tous [fois mon couraige.]

CIV

C. Blosset

(fol. 54 v°)
Ebay suis comme pouez
Prendre plaisir de me deffaire,
Veu que jamès ne voulu faire
Le par quoy, et bien le savez.

5Helas ! et vous estez ma dame,
Celle seulle que plus fort ame
De tout le demourant du monde !
Ainsi m’aist Dieu et Nostre Dame,
Que c’est du cueur, de corps et d’ame
10Et d’une leaulté parfonde.

Se mercy de moy vous n’avez,

  1. CIII. Ms. fr. 9223 qui.
  2. Ms. fr. 9223 ligmage.