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Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/144

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RONDEAUX

LXXXII[1]

Blosseville

(fol. 43 v°)
Celle pour qui je porte l’M,[2]
Je vous asseure que je l’ame
Tant fort qu’a peu que n’en[3] desvye,
Ne jamaiz d’aultre amer envye
5N’auray, ne que de rendre l’ame.

Je l’ay choysie pour ma dame,
Dont je ne crains reprouche d’ame,
Car de tous biens est assouvye
Celle pour qui [je porte l’M.]

10D’elle partout je me reclame,
En la louant[4], sans donner blame
A personne qui soit en vye ;
Et si la sers et l’ay servie
Et serviray mieulx qu’aultre fame,
15Celle pour qui [je porte l’M.]

  1. LXXXII. Ce rondeau se trouve aussi deux fois dans le ms. fr. de la Bibl. nat., fol. 51 et 139 v°.
  2. Ms. fr. 1719 (1) et (2) et ms. fr. 9223 lame. La rime donne ici la véritable prononciation de l’M, qu’a discutée M. de Montaiglon, Rec. de poésies fr., t. IX. p. 164-165 ; Comparez aussi trois pièces analogues dans Cent quarante cinq rondeaux d’amour, les nos 47, 49 et 50, et plus loin les deux rondeaux nos CLVII et CVXXIII.
  3. Ms. fr. 1719 (1) men.
  4. Ms. fr. 9223 louent.