Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/134

Cette page a été validée par deux contributeurs.
62
RONDEAUX

Si fort vostre rigueur[1] entame
Mon dollent[2] cueur que je m’en[3] pame ;
15De telle fame
Parler jamaiz, las ! je n’ouys :
Vous voulez par force d’anuys[4],
Et jours et nuis,
Me mettre a mort, qui vous est blasme :
20[Grant tort avez, par Nostre Dame.]

LXX[5]

Blosseville

(fol. 38)
De mon fait, las[6] ! ne sçay que dire :
Par tout ou je voys, je m’adire,
Et voy des yeux[7] moins que du coute :
En dangier suis qu’il ne me coute
5La vie, tant suy remply d’ire[8] ;

Car ma dame si ne tient conte
De mon martire, quant luy conte,
Maiz me dit que trop aise suis
Et qu’en ce royaulme n’a conte
10Qui ait de nulle meilleur conte
Que j’ay d’elle, quant je la suis.
 

  1. Ms. fr. 1719 (1) et (2) Vostre rigueur tant fort.
  2. Ms. fr. 1719 (2) poure.
  3. Ms. fr. 1719 (2) me.
  4. Ms. fr. 1719 (1) dennemys ; ms. fr. 9223 damys.
  5. LXX. Ce rondeau se trouve aussi dans le ms. fr. 1719 de la Bibl. nat., fol. 41 v° ; il a été publié dans Villon, p. 135.
  6. Vill. je.
  7. Vill. Et des yeulx voy.
  8. L’édition de Villon ajoute le refrain après ce vers.