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Petit prometre et larjement doner,
Que Aymeris de Nerbone li ber :
Car ne fina en trestot son aé
De guerre fere, de cenbiax afermer,
De terres prendre, de chastiax conquester...

(v. 3391-3401.)

Enfin, dans les derniers vers du poème, par un procédé analogue à celui d’un romancier moderne qui, après le récit du dénouement, termine en apprenant à son lecteur le sort des personnages secondaires de son roman, le vieux trouvère nous renseignera sur la destinée de tous les fils d’Aimeri qui ont joué un rôle dans son œuvre et dans les poèmes auxquels il cherche à se rattacher. Beuves de Commarchis, Hernaut de Gironde et Guibert d’Andrénas à qui il a donné un rôle si brillant, retournent dans leurs châteaux, et l’auteur, il est vrai, laisse à d’autres le soin de raconter leurs aventures postérieures. Guillaume d’Orange aura, dit-il, encore bien des luttes à soutenir dans sa vie :

Onques pés n’ot a la jent paienie. (v. 4156.)


L’auteur connaissait peut-être le Moniage Guillaume ; il semble par ce vers y faire allusion et pour ainsi dire y renvoyer ses lecteurs. On verra plus loin que dans le cours de son œuvre, il rappelle avec une sorte d’insistance la mort d’Aïmer le chétif, comme pour n’avoir pas à s’occuper de sa fin qui doit avoir été racontée dans les poèmes maintenant perdus, et qu’il supposait connue de ses auditeurs.

Quant à Garin d’Anseüne et à Bernart de Brebant