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son et même à des passages où l’on ne soupçonnerait jamais, sans le contrôle fourni par CD, qu’il y a eu un remaniement. Nous ne pouvons déterminer le nombre et l’importance de ces rajeunissements ; mais si l’on considère combien de fois le texte du ms. D, par exemple, a passé par les mains des rimeurs et que, malgré cela, un nombre considérable de vers de l’original, qu’on ne trouve plus dans AB, ont subsisté, il faut supposer qu’un travail presque inconscient, de plusieurs générations de copistes, a altéré profondément le texte du ms. x, et, par conséquent, préférer toujours la leçon du ms. original de l’autre famille y, aussi souvent qu’il est possible de l’établir d’une manière certaine. En résumé, si C et D ont chacun isolément beaucoup moins de valeur que les mss. de l’autre famille, leur accord nous donne toujours une leçon que nous considérons comme préférable.

Pour le choix des formes, nous avons toujours suivi C, le plus ancien de nos manuscrits. En effet, les mss. AB qui, ayant été les moins remaniés, offrent souvent la seule leçon admissible, ont été écrits au xive siècle, et leur graphie présente toutes les altérations ordinaires des textes de cette époque ; le ms. D plus ancien, mais écrit avec négligence, présente de plus des formes tout à fait anormales [1], et ignore complètement les règles de la déclinaison. Nous cherchons donc dans le texte qui suit, à reproduire les formes du ms.

  1. Une particularité remarquable de ce ms. est l’emploi du d dans les mots comme : camoisied, pid, vieillard, ploreid, pied, void, sod, avroid, fenid, veissiéd.