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Les mss. A et B reproduisent toujours si exactement la même leçon, qu’à priori on pourrait croire B, qui est le moins ancien copié sur A ; mais il est quelques cas où B comble une lacune dans A, ou donne une meilleure leçon que ce ms., par exemple au vers 218 ; ces deux mss. sont donc indépendants. Cependant les divergences sont si rares qu’il faut les supposer tous les deux très rapprochés de l’exemplaire commun, d’où ils dérivent.

Si A et B peuvent être copiés directement sur un même ms., il n’en est pas de même de C et de D qu’une plus grande distance doit séparer de y ; en effet, les variantes du texte notées plus loin, montrent combien sont nombreuses et importantes les divergences entre ces deux mss. ; plusieurs remaniements particuliers, différents de celui qui leur est commun et dont nous avons parlé, contribuent à rendre très probable l’existence de plusieurs copies entre chacun d’eux et y, ms. original de leur famille.

Ainsi dans D, au milieu de la laisse lviii, un remanieur a commencé à modifier quelques finales. La laisse lix est entièrement et très exactement rimée et il en est de même des tirades suivantes jusqu’à la laisse lxviii, à partir duquel il se borne à corriger quelques assonances trop libres ; enfin son travail semble s’arrêter à la laisse lxxii, qui n’est pas plus remaniée qu’elle ne l’est dans la famille AB. Voici un exemple pris au commencement de la laisse lxi :