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du xiiie siècle, ne présente presque plus rien des assonances primitives et, comme nous le verrons, au moins trois successions de copistes ont travaillé à refaire les rimes à la nouvelle mode. Il y avait donc alors bien des années que les assonances n’étaient plus admises, qu’elles qu’aient été les raisons qui avaient pu autrefois faire préférer l’assonance à la rime.

La Mort Aymeri contient d’assez fréquents exemples de laisses similaires ii, liii, lxv, lxxii, lxxxiii, civ, cviii) et plusieurs recommencements (xv, lxxxvi, lxxxix, xcvi, xcviii, vers 2941, 3089).

L’examen des assonances peut donner lieu aux remarques suivantes. Ai + n assone avec e + n dans la tirade xxix : montaigne, tiegne.

E fermé est toujours issu de a latin avec les exceptions ordinaires , ert ; e ouvert a toujours pour origine e latin entravé ; dans la tirade ci, on trouve cependant frete, feree est une réduction de ai ; on ne trouve à l’assonance aucun mot où e = i latin entravé ; notre rimeur distinguait peut-être trois e, l’un issu de a latin, l’autre de e entravé et le troisième de i entravé.

An et en sont confondus, bien qu’il y ait même dans la première partie quelques laisses où l’on ne rencontre que des finales en an.

Les assonances apprennent peu de chose sur la déclinaison qui était certainement encore observée à l’époque de notre poème ; toutefois, on trouve au cas direct la forme conte (xxvi), et assez souvent au cas régime les formes ber (i, vii, ix) et emperere (cix).