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quer près de Narbonne ; on retrouve dans la romance du comte Almenique, comme dans la Mort Aymeri, le siège de la ville, la prise du comte, les traitements ignominieux qu’on lui fait souffrir et même le roussin ou le sommier sur lequel on le fait monter par dérision ; dans la chanson de geste, Hermangarde offre de rendre Narbonne au Sarrazin pour sauver son mari ; de même dans la romance, la comtesse offre au Soudan la ville de Narbonne et une énorme rançon ; le comte l’en dissuade :

Merci, comtesse, pour vos bonnes paroles ; ne donez pour moi, dame, un seul maravedi ; mes blessures sont mortelles, je n’en puis guérir ; adieu, adieu contesse...

Aimeri tient à peu près le même langage :


Franche comtesse, ja fustes vos m’amie.
Je morrai ja, que près sui del juïse...
Mès une chose vos vueil prier et dire :
Por amor Deu, lo fil sainte Marie
Por nule rien que Sarrazin vos dient,
De la cité ne lor rendez vos mie
Ançois me lessiez ardre (v. 1402-1409.)

Enfin, comme on enmène Almenique prisonnier, sa femme s’écrie : « Dieu vous fasse rencontrer Roland le paladin. » Aymeri de Narbonne, lié sur un mauvais cheval et sur le point d’être envoyé à Babylone, tient un langage analogue : Beau sire Guibert...

Dex m’envoit vostre aïe ! (V. 1609)