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mencement du xve siècle dans la collection de manuscrits appartenant aux Gonzagues et dont la Romania a publié le catalogue (1880, p. 512). Le n° 50 de cette pièce curieuse est ainsi conçu :

Item Aymericus de Nerbona. Incipit :
Bone canzun plest vos che vos di.
Et finit : sil ne faust l’istorie

On a déjà reconnu le premier vers pour appartenir à Girart de Vienne, et l’on voit que le dernier est celui qui termine la Mort Aymeri. Ce manuscrit devait comprendre à peu près toutes les chansons qui se trouvent actuellement dans le manuscrit du Musée britannique Old. Roy. 20 B. xx, qui lui aussi commence par Girart de Vienne et se termine par la Mort Aymeri ; si l’altération de la langue n’est pas due au rédacteur de cet inventaire, le texte de la Mort Aymeri contenu dans ce ms. avait reçu une forme italianisée.

Parmi les romances espagnoles qui tirent leur origine des traditions épiques de la France, on a depuis longtemps signalé deux de ces romances, où l’on s’accorde à reconnaître dans la forme Benalmenique ou Almenique, le nom d’Aimeri de Narbonne ; mais on n’avait pas encore retrouvé dans notre littérature épique, le récit qui fait le sujet de ces romances ; il est impossible de n’être pas frappé de la grande analogie entre la première partie de la Mort Aymeri et la donnée d’un de ces petits poèmes. Dans les deux récits nous voyons le Soudan de Babylone assembler une vaste armée, armer une flotte, traverser la mer, débar-