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Et la corone qu’il ot el chief d’espines
Et les sains clox et la sainte chemise
Qu’enprès sa char avoit sainte Marie,
Quant ele fu de son chier fil delivre ;
Ce aporta en France la garnie.
Ce fu une des jestes (v. 3065-3073.)

Là encore il faut remarquer que le passage est probablement interpolé et ne se trouve que dans une famille de nos manuscrits.

La mort de Garin d’Anseüne que notre auteur raconte, avait déjà été rapportée dans le Covenans Vivien ; d’après cette chanson, Garin d’Anseüne serait mort à Roncevaux avec Rollant. La Mort Aymeri ne connaissait donc pas ce poème qui lui est antérieur, comme il semble ignorer également toutes les chansons du groupe de Vivien ; ainsi il ne fait aucune allusion à l’histoire de la captivité de Garin racontée dans les Enfances Vivien, légende qui fut cependant assez populaire parmi les trouvères postérieurs. Enfin la Chanson de Sesnes raconte aussi la mort d’un Garin d’Anseüne qui ne peut être identifié avec le fils d’Aimeri.

A tant ez Murgalé forment esperonant,
Tot par devant les autres s’an vont li Turs poignant,
La lance sor le fautre, l’escu au piz poignant ;
Et va ferir Garin d’Anseune la grant,
Que l’escu li perce et l’auberc jazerant :
Tant com hante li dure l’a abatu sanglant.

(Éd. Fr. Michel. II, 68-9.)

Les Sagittaires qui ont une si grande importance