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au début de la chanson, qui dériverait, par l’intermédiaire des nombreux récits analogues qu’on rencontre dans tout le cycle de Guillaume, du siège et de la prise de cette ville par Alsamah, en 721.

Mais si notre chanson ne reproduit aucun souvenir historique précis, aucune légende particulière, elle suppose la connaissance des plus anciennes chansons du cycle, s’appuie sur l’ensemble des traditions épiques relatives à Guillaume d’Orange, et met en scène des personnages que la littérature épique avait depuis longtemps rendus populaires.

Les poèmes composés sur Guibert d’Andrenas, le dernier fils d’Aimeri, sont ceux que notre auteur semble se rappeler plus particulièrement et aux quels il cherche surtout à rattacher son œuvre ; il a, en effet, donné à ce personnage un rôle d’une importance exceptionnelle : Aimeri prisonnier des Paiens est délivré par Guibert d’Andrenas (v. 1742 et ss.) ; dans les nombreux combats singuliers entre un Sarrasin et un chevalier chrétien, c’est toujours lui qui est le champion victorieux (v. 2678 et ss.) ; son armement avant la dernière bataille avec les Sagittaires est décrit avec une complaisance remarquable, et ce récit ne comprend pas moins de quatre laisses (cviii, cix, cx, cxi), tandis que les autres fils d’Aimeri, Guillaume d’Orange lui-même, sont tous réduits à un rôle insignifiant.

Il est cependant très douteux, que l’auteur de la Mort Aymeri ait connu la chanson de Guibert d’Andrenas. Dans ce poème encore inédit, Aimeri promet Narbonne à son filleul Aymeriet et pour dédommager