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En tant comme Viviens fu avecques la marcheande, fu li sieges de Barbastre et li couronemens de Guibert.

Et la bataille des Sajetaires, si fu quant Renouars fu moines. Mais pour ce que il n’y a fait nul incidences, est chascuns livres mis par soi et non pas en ordonances.

Cette curieuse note montre donc que l’incidence était ordinairement faite pour le Siège de Barbastre et la Mort Aymeri et que les lecteurs du xiiie ou du xive siècle, étaient habitués à trouver dans les manuscrits « mis en ordonnance », ces poèmes intercalés, l’un dans les Enfances Vivien et l’autre dans le Moniage Renouart.

La Chanson de la Mort Aymeri, dont la composition est postérieure à la plupart des autres chansons du même cycle, ne pouvait renfermer aucun élément traditionnel, historique ou légendaire. On peut remarquer seulement la présence d’un certain Hugues Capet révolté contre l’empereur Louis, qui a été souvent considéré comme le dernier des Carolingiens par nos vieux poètes (Hugues Capet, p. xix, xx) ; on a déjà plusieurs fois signalé ce souvenir des luttes entre les derniers Carolingiens et les Capétiens [1]. C’est, croyons-nous, un fait isolé, et il est bien douteux qu’au xiiie siècle ce souvenir ait été encore populaire.

Signalons encore, d’après M. Gautier (Épop., 2e éd., IV, 88), un autre souvenir historique plus incertain encore, le récit du siège de Narbonne par les Sarrazins

  1. Hist. litt., xxii, 502. — L. Gautier, Épop., 2e éd., IV, 90-91. — Hugues Capet, édition du marquis de La Grange, p. xliv et ss.