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texte, formait six cahiers. Les deux derniers (qui allaient du v. 10729 à la fin) m’ont malheureusement été soustraits, ainsi que la valise dans laquelle je les avais placés au retour d’une villégiature de vacances à Granville, en septembre 1901. Pour réparer ce fâcheux accident, l’administration de la Bibliothèque de Saint-Marc m’a fourni une copie diplomatique des vers 11182-13109, et M. le professeur V. Crescini, de l’Université de Padoue, a mis gracieusement à ma disposition la fin du poème, dont un de ses élèves, M. Ercole Levi Rivalta, avait pris une copie complète. Enfin mon regretté ami Gaston Raynaud, au cours d’un séjour à Venise, en juin 1907, a collationné sur le manuscrit la partie de la copie de M. Rivalta que je devais utiliser. La base de la présente édition étant ainsi solidement établie, mon cher maître M. Paul Meyer, que la Société des anciens textes français m’a donné comme commissaire responsable, m’a prodigué les conseils de son incomparable expérience philologique pour l’achèvement de mon travail.

À tous ceux dont je me trouve ainsi l’obligé, morts et vivants, j’offre l’expression publique de ma profonde reconnaissance.

Pendant longtemps j’ai espéré — et c’est une des raisons qui m’engageaient à ne pas hâter la publication de l’Entrée d’Espagne, attendue depuis si longtemps — que l’on retrouverait dans quelque bibliothèque hospitalière l’un ou l’autre des deux manuscrits perdus de notre poème dont l’existence a été signalée par l’inventaire des manuscrits français que Francesco Gonzaga, capitaine de Mantoue, possédait au moment de sa mort, en 1407, inventaire imprimé dans la Romania, livraison d’octobre 1880. Cet espoir ne s’est pas réalisé. Le manuscrit de Venise reste unique. Malgré l’état trop souvent défec-