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ria » dont l’édition a fait précéder le Viaggio (pp. vii-lxvii) a à peine effleuré les questions que doit se poser la critique à son sujet, et l’éditeur a mis la critique en mauvaise posture par le sans-gêne avec lequel il a publié le manuscrit de Pavie [1]. M. Ceruti attribue ce manuscrit à un scribe milanais, mais il estime que l’auteur du Viaggio lui-même devait être toscan [2]. Je ne vois pas sur quoi il fonde son opinion en ce qui concerne la patrie de l’auteur, que je chercherais plutôt soit en Lombardie, soit dans la vallée inférieure du Pô, c’est-à-dire à proximité de la région où l’Entrée d’Espagne a été composée. Quant à la date, le terminus ad quem nous est fourni par le manuscrit, lequel, d’après M. Ceruti, a été exécuté au milieu du xve siècle [3] ; le terminus a quo est la date de la Spagna en vers, car (comme j’essaierai d’en fournir la preuve tout à l’heure) le Viaggio ne saurait être antérieur au poème italien.

Le Viaggio est divisé en 56 chapitres d’étendue inégale, dont les 39 premiers correspondent à l’Entrée d’Espagne du Padouan. Comme Léon Gautier l’a déjà remarqué, le début est une traduction pure et simple, si littérale que nous avons pu nous en servir quelquefois pour l’établissement de notre texte. Cette fidélité se poursuit pendant les 19 premiers chapitres. Au chap. 20, il y a une sorte de reprise du récit qui fait en partie double emploi avec

  1. « Non credetti neçessario osservare la più scrupulosa fedeltà nel riprodurre il ms., sino a conservarne i troppi arcaismi e solecismi. Il sostituirvi quasi ovunque le corrispondenti voci e forme italiane, più che un mutamento, fu una pretta correzione » (introd., p. xvii, note).
  2. Viaggio, introd., p. xvi : « quantunque, a vero dire, il primo traduttore sembra essere stato toscano. »
  3. Loc laud., p. xvi, n. 2. Léon Gautier dit « fin du xve » (Épop. fr. ; 2e éd., III, 426, note 21°), mais c’est par distraction.