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Après avoir fait Astolfo prisonnier, Ferragu regagne son palais, se désarme et fait amener devant lui tous les paladins qu’il a en son pouvoir ; puis il les renvoie, en prison, gardant seulement Astolfo pour s’entretenir avec lui. Sur sa demande, Astolfo lui nomme les bannières de l’armée française et lui fait voir Roland : à cette vue, Ferragu ne peut se contenir ; il demande ses armes, les revêt de nouveau, sort de la ville et envoie un écuyer défier Roland et lui dire que, s’il n’accepte pas le combat, il fera pendre tous les prisonniers (chap. 14-15). Dans l’Entrée, tout se passe plus simplement : c’est sur le champ de bataille même, avant de l’envoyer à la prison de Nájera, que Ferragu s’entretient avec Estout, et Roland n’a pas besoin que le païen lui envoie une sommation pour se mesurer avec lui (tir. 69 et ss.).

Dans la première journée du fameux duel, Ferragu, ayant tué le cheval de Roland, descend du sien pour combattre à pied, et Roland admire en lui-même « la gran gentilezza » de son ennemi ; presque aussitôt le païen le terrasse d’un coup terrible, et, le croyant mort, le charge sur ses épaules pour l’emportera Nájera (chap. 23). Ferragu n’a pas la même « gentilezza » dans l’Entrée d’Espagne : il abat de sa massue et le cheval, qu’il tue, et le cavalier, qui s’évanouit ; puis, sans mettre pied à terre, il charge en travers de sa selle son adversaire inanimé (tir. 78).

L’auteur de la Spagna en prose est pointilleux en ce qui touche les noms propres, jusqu’à faire la remarque suivante à propos du nom du fils du roi de Pampelune : « In lo libro de la Ispangnia iscritto in rima lo chiama Issolieri lo biondo ; ma nel libro francioso dice che egli aveva nome Issarres, ed io chosì lo chiamerò perchè sicondo che dice lo libro iscritto in franciosso iscrivo