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VI


LE SUCCÈS


§ 1. — Période franco-italienne.


L’Entrée d’Espagne n’a pas été connue en France ; elle est restée absolument étrangère à l’évolution de la matière épique dans notre pays aux xive et xve siècles. Composée dans l’Italie du Nord, elle ne s’est répandue, sous sa forme originale, que dans la région qui l’a vue naître. La bibliothèque de Francesco Gonzaga en contenait deux exemplaires où l’œuvre du Padouan n’avait pas reçu la continuation de Nicolas de Vérone : l’un des deux (n° 57) s’est perdu ; l’autre nous est parvenu déjà augmenté du début de la continuation (n° 53). Quel sort aurait eu l’œuvre sans cette continuation ? On ne saurait le dire. Mais il est évident que cette continuation n’a pu qu’être favorable à son expansion et a dû lui donner une nouvelle vitalité. Nous avons déjà dit que la bibliothèque de Francesco Gonzaga possédait un exemplaire en quatre volumes, où l’œuvre de Nicolas de Vérone faisait suite à celle du Padouan (nos 56, 55, 54, 58).

C’est de cet exemplaire, ou d’un exemplaire analogue, que découlent les imitations en langue italienne dont nous aurons bientôt à parler, et dont le récit s’étend bien au delà des limites que s’était imposées le Padouan, puisqu’il va jusqu’à la fin de la Chanson de Roland et de ses remaniements. Sous cette nouvelle forme, ce n’est plus une « Entrée d’Espagne », mais une « Espagne »