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Hii domini coram quocumque imperatore possunt suum ensem cinctum portare, causa regis Dysirerii, qui civitatem Pampelune, magno imperatore Karulo Francorum rege septem annis obsessam, in prima die qua ad illius pervenit exercitum, cepit cum Antonio Paduano et auxilio regis. Et tunc rex Karulus concessit ei et omnibus de domo sua ut coram quocumque imperatore possint ensem cinctum portare et quod quilibet Ytalicus cujuscumque condicionis, dum liber sit, possit ornari militia.

Ces lignes se réfèrent manifestement à un récit dont le début se trouvait dans la partie perdue de la continuation de l’Entrée d’Espagne par Nicolas de Vérone et dont la partie conservée nous fournit la suite :

« Sire, dist Dexirier, quand vetre cors se plie
« A fer moi tant d’onour, je ne le refu mie.
« Le don que je vous quier, oiant la baronie,
« Est que frans soient sempre tous ceus de Lombardie :
« Chi en comprast aucun, tantost perde la vie ;
« E che cescun Lombard, bien ch’il n’ait gentilie
« Che remise li soit de sa ancesorie,
« Puise etre civaler, s’il a pur manantie
« Qu’il puise mantenir à honour civalerie ;
« E si veul che cescun Lombard sens vilenie
« Puise sempre portier çainte la spee forbie
« Davant les empereres... »
Quand l’emperer l’oï, si dist con ciere lie :
« Sire roi Dexirier, qui que s’en plaigne ou rie,
« Tot cist don vos otroi... [1] »

M. Pio Rajna a conclu de ce rapprochement que la continuation de l’Entrée d’Espagne, ayant été connue de Giovanni de Nono, doit être antérieure à 1328. On s’étonne, il est vrai, que le personnage d’Antoine de

  1. Prise de Pampelune, 339-54.