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s’entassaient sans écho dans la nécropole des bibliothèques princières. Sans le Padouan, nous n’aurions peut-être ni la Spagna, ni le Morgante, ni l’Orlandi innamorato, ni l’Orlando Furioso, ni, en un mot, toute cette poésie chevaleresque italienne dont la floraison luxuriante met tant de joie, tant de grâce, tant d’aimable folie dans la fête littéraire et artistique qu’on nomme la Renaissance.

Le Padouan ne nous dit rien de sa condition sociale. Mais c’est un clerc assurément, et à qui il ne déplaît pas de faire parade de son latin [1] : il a beaucoup pratiqué les Distiques de Dionysius Cato, et il lui arrive de les citer dans le texte original [2]. Il est légèrement frotté d’arabe, comme en témoigne la mention de Kibir [3] et d’Alakibir [4] et des planètes ou étoiles Chavachabas [5] et Çeli [6]. Il est plus familier avec l’histoire des anciens Romains que nos trouvères épiques, qui ne citent pas, comme lui, Enée [7], Horace et Curiace [8], Annibal [9], Scipion l’Africain [10], Crassus [11], Pompée [12], Sénèque [13], Trajan [14], et qui ont des idées plus vagues que les siennes sur le compte de

  1. Entrée d’Espagne, 1637-41, 3000-1, 8255, 11726, 11749, 14173, 14744, 14960, 15567-8, 15638.
  2. Ibid., 15705 ; cf. des allusions plus vagues, 11302, 11562, 15678.
  3. Ibid., 2149, 3141.
  4. Ibid., 3627, 12415.
  5. Ibid., 4004, 4006.
  6. Ibid., 4009.
  7. Ibid., 11816.
  8. Ibid., 9377.
  9. Ibid., 5577, 9339.
  10. Ibid., 5578.
  11. Ibid., 8958.
  12. Ibid., 646.
  13. Ibid., 12039.
  14. Ibid., 11554.