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Padouan : nous ne le connaissons que par l’Entrée d’Espagne. C’est de l’œuvre qu’il nous faut tirer tout ce que nous voudrions savoir de l’auteur, de sa personne, de sa culture, de ses procédés littéraires, de ses sources d’information. Les résultats de cette enquête nous permettront de fixer tout de suite le caractère de l’œuvre elle-même et d’en marquer la place dans l’ambiance littéraire qui l’a faite éclore. Nous verrons plus tard s’il est possible de lui assigner une date rigoureusement précise, et quelle action elle a exercée sur l’évolution de la littérature chevaleresque de l’Italie.

Je qe sui mis a dir del neveu Charleman
Mon nom vos non dirai, mai sui Patavian,
De la citez qe fist Antenor le Troian [1].

Ainsi s’exprime notre auteur en ce qui concerne sa personnalité. Ce nom qu’il n’a pas voulu dire, pouvons-nous nous le procurer par ailleurs ? M. Stengel [2] est porté à attribuer à notre Padouan le nom de Minochio qui figure dans l’inventaire de Francesco Gonzaga, où le n° 56 est ainsi intitulé : Liber Introitus Yspanie secundum Minochium. Comme je l’ai déjà fait remarquer, ce n° 56 est le premier volume d’un exemplaire de l’Entrée d’Espagne qui en formait quatre et qui comprenait à la fois l’œuvre du Padouan et celle de son continuateur, Nicolas de Vérone. Or les deux exemplaires qui ne contenaient que la partie composée par le Padouan (nos 53 et 57) sont enregistrés comme anonymes. Il est peu vraisemblable que ce nom ignoré, d’après la volonté même de celui qui le portait, ait pu arriver à la connaissance soit du scribe qui a exécuté le n° 56, soit du

  1. Entrée d’Espagne, 10973-5.
  2. Z. f. rom. Phil., V, 175.