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ou moins la place de l’écriture. L’exécution du manuscrit peut être surement rapportée au xive siècle. Tous les scribes qui y ont collaboré sont des Italiens. Je n’ai pas de connaissances assez sérieuses dans le domaine de l’histoire de l’art pour discuter les opinions émises par MM. Ciàmpioli et Toesca au sujet des miniatures : d’après le premier, il faudrait attribuer à l’école française l’illustration des feuillets 29-83, tandis que les autres miniatures, dont beaucoup constituent de véritables tableaux à personnages multiples, appartiendraient à l’école italienne ; d’après le second, trois artistes différents ont dû collaborer à l’illustration, faite probablement à Mantoue, mais ces trois artistes appartiennent également à l’Italie.

Des nombreux changements de main qui se remarquent dans le manuscrit, un seul a de l’importance pour l’histoire littéraire, celui qui se produit en haut du folio 303 r°, après le huitième vers. Dans son état primitif, le texte s’arrêtait avec ce huitième vers, exactement comme le manuscrit, aujourd’hui perdu, que le notaire de 1407 a inventorié sous le n° 57 :

En plure[re]nt environ tuit François.

C’est le dernier vers qui soit sorti de la plume du premier auteur de l’Entrée d’Espagne. Les cinq tirades qui suivent et le premier hémistiche d’une sixième, en tout 131 vers et demi, ont été ajoutés par une main postérieure, et forment le début de la continuation du poème par Nicolas de Vérone. De cette continuation, la plus grande partie est perdue ; la fin seule (6113 vers) nous a été conservée par le ms. V du fonds français de la Bibliothèque de Saint-Marc (n° 58 de l’inventaire de 1407), dont Mussafia a publié le texte, en 1864,