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Rome et en ramènent les 20.000 soldats du pape (-367). Oger le Danois est dépêché sur la frontière de Navarre pour garder les passages des Pyrénées (-378).

3. — Le roi Marsile, averti par des espions de ce qui se prépare, réunit son conseil à Saragosse. La divination par l’eau l’ayant convaincu que Charlemagne va l’attaquer, il envoie à Paris deux chevaliers porteurs d’une lettre pour l’empereur (-431). Charlemagne reçoit les ambassadeurs et se fait lire la lettre ; texte de ce document, où Marsile feint la surprise et demande s’il doit compter sur la guerre ou sur la paix (-516). L’empereur fait une réponse ambiguë : « Que tous ceux qui m’ont méfait prennent garde ! » (-537). Les ambassadeurs font leur rapport à Marsile, qui comprend qu’il va être attaqué et réunit de nouveau son conseil (-567). Son oncle l’Augalie lui conseille de fortifier Nájera pour arrêter le premier élan des Français (-593). Ferragu d’Orient, neveu de Marsile, va, par son ordre, s’établir à Nájera avec 10.000 hommes ; malgré la défense de son oncle, il envoie 4.000 hommes ravager les terres de France. Oger presse Charlemagne de se mettre en route (-640).

4. — Avant de partir, Charlemagne établit comme régent un neveu de Ganelon, Anseïs de Pontieu ; allusion la trahison dont se rendit coupable plus tard Anseïs, qui était sur le point d’épouser la reine lorsque Charlemagne, revenu précipitamment d’Espagne, en tira une vengeance éclatante (-654). Ordres donnés par l’empereur aux rois de Hongrie (Florent), de Lombardie (Didier) et d’Angleterre de bien garder leurs royaumes ; le pape fait armer des navires pour tenir les Sarrasins en échec (-678). Adieux de Charlemagne et de la reine. Roland, créé maréchal, organise le départ de l’armée qui quitte Paris et défile en bel ordre sous le regard des dames (-722). L’armée, forte de 100.000 hommes, marche à petites journées. À Blaye, on rencontre Oger, qui parle à Roland de Ferragu (-763) ; Charlemagne lui confie l’oriflamme. Une fois la frontière franchie, la discipline est rigoureuse ; on adopte un mot de ralliement ; Roland est à l’avant-garde ; on arrive en vue de Nájera (-805).

5. — Ferragu brûle de combattre ; il a vingt ans, douze coudées de haut, et possède toutes les vertus chevaleresques ; de plus, il n’est vulnérable qu’au nombril (-873). Description de son armure ; il porte à la main une massue au bout de laquelle sont suspendues