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En revanche, il lui arrive de ne compter que pour une syllabe les désinences en -ee ou -ie (desfie 395, acomplies 362, mie 435, 457, 806, etc., sagnie 777, profecie 1763, partie 4262, fouree 11778) ou les groupes intérieurs --, -ao-, --, -ea-, -ee-, --, -ia-, -ïé-, -ïo-, -- (traitor 213, deusez 297, voudriés 501, torniamant 609, creature 3856, 4027, paurosement 5723, aonbra 9784, oimes 11251, p[e]usent 14433, veez 913, 1099, etc. [1], campions 929 [2], traisons 962, sospicion 1768. Le subst. orieflor est ordinairement de trois (1317, etc.), exceptionnellement (par ex. 8160) de quatre syllabes.

Il fait un grand usage de l’élision entre la voyelle finale d’un mot (que ce mot soit monosyllabe ou polysyllabe, que la voyelle soit atone ou tonique) et la voyelle initiale du mot suivant (que cette voyelle soit identique ou non à celle qui la précède) : qi achever 232, voldra avoir 234, ni il 252, ni i 262, a escrive 331, comança a retraire 382, fu escrise 452, ensi estes 482, a empereor 510, a escriture 577, e amoit 637, e insir 712, degna envaïz 967, porta en ventre 1782, fu estors 1817, a un fenestral 2033, etc. Comme la désinence féminine -ee ne compte parfois que pour une syllabe, elle peut s’élider complètement, ainsi qu’il arrive dans l’hémistiche nostre alee ymaginer 309. Exceptionnellement, l’initiale disparaît devant la finale précédente, comme dans ma’ncor (pour ma encor) 1247.

Bien que la rime soit la règle, il subsiste des traces d’assonance. Un mot en -ars (Gilars 10451) figure dans une tirade en -as, un mot en -ers (diners 10304, du lat. denarios) dans une tirade en -és, un mot en

  1. Disyllabe ailleurs, notamment 1583.
  2. Le mot est ordinairement trisyllabe (cf. 1556, 1752, etc.).