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français, appelle les remarques suivantes. La désinence -ent des troisièmes personnes du pluriel est traitée soit comme atone (cf. vv. 659, 704, 784, 888, etc.), soit comme tonique (cf. vv. 16, 43, 102, 320, 373, 616, etc., à la fin de l’hémistiche ; 594, 4468, 4473, 4476, etc., à la fin du vers). La coupe métrique après l’hémistiche ne correspond pas toujours à un repos marqué pour le sens (cf. vv. 93, 180, 214, 268, 285, 637, 645, 1071, 1091, 1381, 1615, 1743, 1886, 2998, 4168, 5290, 6458, 8131, 8162, 10591, 11052, 11342, 11778, 11808, 12515, 12849, 12916, 13347, etc.). Les décasyllabes sont coupés 4 + 6 ; exceptionnellement, quelques-uns sont ou paraissent construits d’après le système 6 + 4 :

Novelle lor a dit  apertemant (749).
Bien dist q’il n’a son per  en livre escrit (1080).
Ne tornerois plus ci,  jel vos an (1939).
N’avrai sogne de Turc  ne d’Arabis (3362).
Che rien ne quireroit  che il n’i otri (6351).
Après le Rois de gloire,  in Aquilon (12858).
In ces jor rezeüz  des dous glotons (13339).
Quand n’estes ci a veor  la flor del mon (15657).
Le roi baise l’infant  et lui encline (13552),
Le roi perçuit la prese  ch’entor estoit (15743).

L’auteur donne assez fréquemment à l’e final atone sa pleine valeur syllabique, même lorsqu’il est suivi d’un mot commençant par une voyelle ; je aille 70 et 77, de estre 169, qe il 185, 218, 241, etc., qe or 206, le antrer 219, se il 229, le ost 256, ne il 264, terme avoient 369, ne auchuns 372, qe Espaigne 438, ne oit 561, le ardiz 959, fete ais 963, le uns 1082, trosqe en 1212, jusque in 1333, se une art 6286, ire esprant 11101.