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il y a reformation analogique, ainsi que dans voul (pour vueil) 3940.

L’e étymologique disparaît quelquefois à la 2e et à la 3e p. sg. de la 1re conjug. : agré 3667, aport 10178, atart 13442, enbraz 15586, esgart 13664, flanboit 8608, man 13688, plois (plies) 3383, redoit (redoute) 15043. En revanche, il est ajouté par analogie dans atainge (en fonction de pluriel) 8098, perdes 9014, pleste 12578 (d’où plestre 9241), rendes 5402, respondes 984, sentes 986, taise 5693. Il est possible qu’il faille expliquer par là ahete et heite (français propre het, 3e p. sg. de haïr), sans supposer un infinitif *aheter, *heter [1] ; on trouve concurremment aïst, ahist (pour *haïst), forme inchoative (voir le Glossaire). La 1re p. pl. pousons et puison (de pooir) est due à l’influence de l’ital. possiamo. Ester ne se trouve qu’à la 3e p. sg., qui flotte entre estoit, este, ista et steit. Il est manifeste que comuet 12039, de cometre est dû à une confusion avec comovoir [2]. La forme analogique disent 344, 1091, etc. a supplanté la forme normale dïent. On trouve, à la rime, servon 15642 et traünt 7367, 3e p. plur. de servir et traire.

Imparfait. — La distinction entre -abam et -ebam n’est pas observée ; on a ordinairement -oie, -oies, -oit, -iomes, -iez, -oient (et, par suite, de même au conditionnel présent) ; exceptionnellement, oi se réduit à o à la 3e p. sg. : estot 178 (d’où par suite, au conditionnel, cheirot 895). En outre, dans la tirade CCLVI, et là seu-

  1. Et peut-être breste 12583, d’après *brest (on a, en fait, breis- 10871), fausse graphie de brait, du verbe braire.
  2. Les formes en -uet et -uit des verbes conoistre, movoir, percevoir, plovoir, recevoir, que l’auteur emploie indifféremment au présent et au passé défini, appartiennent proprement à ce dernier temps ; cf. la tir. CCCCX.