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Page:Anonyme - Elie de Saint Gilles.djvu/8

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commodité des recherches, de donner un sommaire de la chanson française.

Le comte Julien de Saint-Gilles est vieux et songe à quitter le métier des armes. Il assemble ses barons dans sa grande salle, et, en leur présence, reproche à son fils Élie de ne pas être encore parti pour Paris ou pour Chartres au service du roi Louis, fils de Charlemagne. Élie, froissé des reproches de son père, veut sortir de la salle, mais Julien le retient : « Avant de te laisser partir, » dit-il, « je veux éprouver ta valeur. Prends un cheval et mes meilleures armes ; on va dresser une quintaine au milieu du pré, et je verrai ce que tu sais faire. — Soit ! » dit Élie, « mais cette nuit je ne dormirai pas sous ton toit ! » (v. 1-86).

Élie s’arme et s’apprête à jouter ; du premier coup il renverse la quintaine. Julien, fier de son fils, veut désormais le faire maître de son domaine. Élie refuse, et quitte Saint-Gilles. Le vieux Julien, à l’insu de son fils, ordonne à ses meilleurs chevaliers de le suivre de loin pour le protéger (v. 87-172).

Élie chevauche tout le jour. Il rencontre sur son chemin un chevalier blessé qui ne peut continuer sa route. « Qui es-tu ? » lui dit Élie. — « Je suis fils du comte Amauri de Poitiers, et cousin de Julien de Saint-Gilles. J’étais à Paris avec mon père auprès du roi Louis, quand un messager nous apprit que les Sarrasins avaient envahi le pays. Nous partîmes aussitôt, et notre armée rencontra les païens aux mar-

    tigung der englischen und nordischen Litteratur (Breslau, 1876), p. 92-136.