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Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/52

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merveilleusement vite ; avec ces montures, ils peuvent être de retour en huit jours et demi. Ils partent, richement costumés, assis sur les dromadaires et munis de malles remplies de « besants ». Au bout de huit jours ils sont à Cologne ; ils demandent l’hospitalité à un riche bourgeois, Gonteaume, originaire de La Roche et cousin de Doon. Gonteaume se déclare prêt à les loger pendant un an, sans rien leur faire payer, « pourvu seulement que Dieu ramène Landri, mon vrai seigneur, et qu’il maudisse Tomile et Malingre, qui l’ont chassé du pays » ! Les messagers sont ravis quand ils apprennent qu’il connaît Landri. Les chevaux (= les dromadaires) sont logés par Gonteaume dans un cellier (v. 1501-1668).

Mais Hardré a rencontré les messagers et remarqué leurs chevaux merveilleux ; il conseille à Malingre d’aller les enlever. Malingre suit ce conseil : il s’empare des chevaux, après un combat avec les serviteurs de Gonteaume, combat où il est blessé ; il se réfugie ensuite à l’hôtel de Tomile. Gonteaume va se plaindre à l’archevêque de la violence qui lui est faite, et l’archevêque convoque les bourgeois, au nombre de soixante mille. Ceux-ci conseillent à l’archevêque d’envoyer Gautier, cousin germain de Doon, à l’hôtel de Tomile, pour réclamer les chevaux ; s’il ne veut les rendre, il sera attaqué. Malingre refuse les chevaux ; l’archevêque ordonne alors aux bourgeois de s’armer. Ceux-ci s’arment en effet ; on sonne la « bancloche » ; Gonteaume et ses serviteurs se joignent à eux ; on attaque le château et les gens de Tomile : lutte violente, où Tomile et Malingre sont blessés. Tomile et les siens s’enferment chez eux ; Tomile se met à une fenêtre et propose aux assaillants de rendre les chevaux et d’en rester là : son jeune neveu, qui n’est pas encore chevalier, a fait une folie qu’il est prêt à réparer. L’archevêque accepte cette proposition ; l’assaut cesse et les bourgeois s’en vont.