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Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/46

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nature [1]. Avec l’approbation de Pépin, Doon se sépare de sa femme ; on assigne à celle-ci, malgré ses lamentations, une demeure (ostel) hors de la ville, où elle aura chaque jour deux pains pour toute nourriture. Elle garde auprès d’elle le petit Landri, qui a sept ans (v. 197-532).

Tomile conseille à Doon de répudier définitivement Olive, et d’épouser une fille à lui [Audegour] : elle lui apportera en dot les villes de Worms (Gormaise) et de Spire (Espire) et vingt mulets, chargés d’or et d’argent. Doon déclare qu’il accepte cette proposition, si le roi donne son consentement. Doon et Tomile vont à Paris, où le roi consent, en effet, au mariage, après que Tomile lui a livré vingt mulets chargés d’or [2] ; seulement, il exige que sa sœur Olive soit traitée et vêtue conformément à son rang. Après Pâques, à Cologne, a lieu le mariage de Doon et d’Audegour. Au moment où le mariage se célèbre, Olive se rend à l’église, son petit Landri dans ses bras : l’enfant élève la voix, s’adressant à son père et à l’archevêque,

  1. Dans N, il y a réellement un duel judiciaire entre « Engelbert de Dynhart », qui prend la défense d’Oliva, et le traître Milon, qui l’accuse (analyse de G. Paris, p. 106-107). — Dans E (fol. a. vj. v°-vij. r°), il y a une ordalie par le feu, à laquelle Oliva se soumet et qui se termine à son honneur.
  2. Pépin est de même représenté comme vénal dans le Roman d’Aubery le Bourgoing, éd. Tarbé, Reims, 1849, p. 110 (comp. p. xiv) et dans des versions franco-italiennes et italiennes de Bovon de Hantone (voir G. Paris, Mélanges de littér. franç. du moyen âge, p. 110). Charlemagne se laisse corrompre dans Orson de Beauvais, éd. G. Paris, v. 340 et suiv., et dans Aye d’Avignon, éd. Guessard et P. Meyer, p. 99. — Dans E (fol. a. viij. r°), Tomillas donne de l’or au « duc de La Roche » (comme dans F, v. 565) ; quant à Pépin, pour le rendre favorable au mariage d’Aldigon (= Audegour) avec le duc, il lui promet que les terres de « Flandes » (= Flandres) et de « Florencia », qui avaient été données en dot à Oliva, feront retour au territoire royal, ce qui est une corruption déguisée.