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Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/25

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magnie, pour maisnie. — On a, de plus, dans le manuscrit de Londres, roigne (rêne) 3014, 3853, et chaingnes (chaînes) 3091.

N mouillée peut s’écrire ngn : congnuit 3856, Coulongne 112, rongne 115, et roingne (règne) 3150. D’autre part, n mouillée s’exprime assez souvent par in ou inn : Alemaine 2602, broinne (broigne) 3739, Coloinne 2657, poinant (poignant) 3666, toinne (lat. teneat) 3747, etc. — Le groupe nr peut se réduire à rr : corrée, pour conreée, 4616.

R, dans les verbes, s’emploie parfois d’une façon irrationnelle, car on trouve l’infinitif pour le participe : travaillier, pour travaillié, 3528, esploitier, pour esploitié, 3517, ce qui semble prouver que, à l’époque et dans le pays où le manuscrit fut écrit, l’r final, de l’infinitif ne se prononçait plus.

C est souvent écrit pour s : ces (ses) 20, 3020 et ailleurs, c’il (s’il) 10, ce (se), 99, 1408, cés (sés, 2e p. sg. ind. pr. de savoir) 3227, etc. Même fait dans Orson de Beauvais, Introduction, p. XIV. — La graphie de c pour s, à la fin d’un mot, explique sanc, 179, 1169, 1787 et 2637, pour sens. Nous avons déjà vu sanc, pour sans, dans les fragments (ci-dessus, p. XI, n. 1) ; la même graphie se retrouve dans Parise la Duchesse, v. 1616.

S initiale s’écrit parfois sc, particulièrement dans le verbe savoir : sçai 75, sçait 70, sceit 815, 2773, sçavoir 1915 etc. ; on trouve aussi sciet (siet, du verbe seoir) 3086, 3567, 3813. — S, suivie d’une autre consonne, tombe assez souvent : amitié (amistié) 1179, ainé 3206, blemie (blesmie) 2715, chatie (chastie) 3015, coutés (coustez, costez) 1174, fut (fust, lat. fuisset) 2849, mainnie (mesnie) 2211, ponnée (posnée) 4124, etc. Ce fait peut s’expliquer par la date seule du manuscrit, mais ce peut également être une particularité dialectale, car dans le manuscrit unique de Parise la Duchesse,