Ouvrir le menu principal

Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/13

Cette page a été validée par deux contributeurs.

de plus, il connaissait mal la langue des chansons de geste, déjà archaïque de son temps[1]. La tâche de l’éditeur eût été moins ardue et incertaine, si, au lieu du manuscrit de Londres, il avait eu à sa disposition un autre manuscrit, plus ancien et meilleur, dont il ne reste malheureusement que deux feuillets.

Ces deux feuillets, que nous désignerons par la lettre L, appartiennent à M. Eugène Lelong, qui les a achetés avec un lot de papiers et de débris provenant de Saumur. M. Lelong suppose que ce sont des débris d’un manuscrit qui aurait appartenu à la bibliothèque de Saint-Florent de Saumur ou à celle de Fontevrault. Il est probable que ces fragments ont servi de couverture à un registre et ont été ainsi préservés de la destruction.

Les deux feuillets de parchemin ont une dimension de 328 sur 210 millimètres[2]. Il y a deux colonnes par page, chaque colonne comptant 45 vers ; le début de chaque laisse est marqué par une grande initiale, alternativement bleue et rouge ; la première lettre de chaque vers est marquée d’un trait rouge. — L’écriture est du premier quart du xive siècle ; elle est soignée, mais un peu carrée et épaisse, de sorte qu’elle produit, à première vue, une impression confuse. Malgré les épreuves qu’ils ont traversées, les fragments ont peu souffert et sont lisibles, dès qu’on est habitué à l’écriture. Ces fragments vont, le premier, du v. 1146 au

  1. Certains indices feraient croire que le manuscrit a été écrit sous la dictée. Nous signalons à ce point de vue la singulière faute cest pour sait, v. 3406 et l’emploi, tout aussi singulier, de l’infinitif pour le participe, travaillier pour travaillié, v. 3528, esploitier pour esploitié, v. 3517 ; des confusions du singulier et du pluriel à la 3e personne des verbes. Ces fautes s’expliquent plus facilement par des erreurs auditives que par des erreurs visuelles.
  2. Ces mesures sont celles du premier feuillet, qui paraît intact ; le second a été rogné en haut.