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brun de la montaigne

CXXIII[1]

2200Tout ainsi que Butor fu venus as hourdis,
Il et li chevaliers de cui fu envaïs,
Il ont trouvé Bruiant qui moult estoit malmis.
Et quant Butor le vit, si li dit : « Dous amis,
« Je te requier pardon ou non de Jhesucris ;
2205« Car je t’ai en couvant se m’eüsses ocis,
(v°)« Mais que g’eüsse esté en unne espasse vis,
« Pardonné le t’eüsse, et puis tous tes amis.
— Sire, » ce dit Bruiant, « la vostre grant mercis,
« Et je le vous pardon que frans hons et gentis.
2210« Mais je croy c’onques mais ne fu d’omme sentis
« Nus plus biaus horïons, j’en sui certains et fis,
« Car li cuers de mon ventre est presqu’en .ij. partis.
« L[i] ame de celui puist estre em paradis
« Qui set ainsi paier sans acroire tous dis ! »
2215Et quant Butor l’entant si en geta .j. ris,
Si li dit : « Chiers amis, j’ai esté mal apris :
« Cil cop ont esté fait pour l’amour de mon filz. »

CXXIV[2]

Quant il orent jousté toute jour ajournée,
La jouste s’enforsa encontre l’avesprée ;
2220La ot maint chevalier versé jambe levée,
Et tué maint cheval, mainte espaule espaulée,
Et maint escu perciet, mainte selle espautrée,
Maint rochet desnoué, mainte lance frouée,
Maint hïaume alet jus a teste desfublée,
2225De ces lances ausi donné mainte colée ;
De ces dames aussi y ot mainte risée,
Et s’en y avoit bien aucune enamourée

  1. — 2205. c. que se.
  2. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées CXXIV