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brun de la montaigne

« Plus menus que li chars dont on fait les pastés,
650« Que par moy ert ceans vos anfes raportés ;
« Et s’il plus de mal a que maintenant veés,
(f° 16)« Je vous em pri, por Dieu, que tantost me pendés.
— Par ma foy, » dit Butor, « chevalier, vous l’amés
« Onques tés mos n’issi de cuer sans amitiés. »

XXXVI

655Quant Bruians ot parlé, .j. autre se leva
Et dit qu’entre ses bras l’enfant enportera,
Et si dit a Butor qu’il le raportera,
Mais desus la fontaine avant il le metra ;
Et si sera si près que bien ouïr pourra
660Tout canque destiné des fées li sera.
Quant Butor l’entendi, si trés grant joie en a
Que li cuers de son ventre en son cors sautela.
Tel joie avoit au cuer qu’a poy ne se pauma,
Et dit au chevalier : « Sire, moult grant piece a
665« M’avez moult bien servi, mais a ce cop parra
« Au garder mon enfant qui le miex m’amera,
« Et qui le don faé bien me raportera. »
Respont li chevaliers : « Et qui l’anfant faura
« Ausi haut soit pendus c’onques oissiax vola,
670« Et qui de bien garder l’enfant ja se faudra.
— Seigneur, » ce dit Butor, « or gardés qu’il soit ja
« A la fontaine mis quant li jours vous faura
« Et gardés bien [que faites] quant li eure vendra
« Par quoy li enfes ait ce qu’amours li donra,
675« Car espoir vraiement que grant bien li venra. »

XXXVII[1]

Butor de la Montaingne a sans corage nice
Pris le petit enfant es bras de la norrice,
Qui fu envelopés en .j. drap noble et riche ;
(v°)Mais il estoit avant dedans une pelice.

  1. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées XXXVII