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ZEND-AVESTA : YASNA. — HÂ 1
comme indiquant au fidèle la règle qu’il doit suivre, autrement dit comme dastô-bar (dastùr) 1 [1] ; dans un sens plus spécial, il désigne un degré élevé de la hiérarchie ecclésiastique (voir Appendice B et Hâ XIX, Introduction).
3° Il désigne le chef qui est supposé placé à la tête de chaque classe d’êtres, comme Ahura est à la tête des dieux, et Zarathushtra à la tête des hommes. Voir Y. 13 et Vispéred I.


Les trois Hâs qui suivent, II-III-IV, sont le complément du premier Hâ. Ils font en détail ce que le Hâ I a fait d’une façon générale. Le Hâ I a annoncé aux dieux le sacrifice qui va leur être offert ; le Hâ II appelle spécialement leur attention sur deux offrandes du sacrifice, la libation et le Baresman ; le Hâ III sur les autres offrandes. Le Hâ IV marque un pas nouveau dans la marche du sacrifice : il consacre ces offrandes à ces dieux.
La liste des divinités invitées est naturellement la même dans les quatre Hâs. Mais la litanie du Hâ II contient quelques variantes d’expression, principalement dans les épithètes.

Zôt et Râspi ensemble :

 

1. J’annonce et j’offre [ce sacrifice] au créateur Ahura Mazda, brillant et glorieux 2 [2] ; le plus grand, le meilleur, le plus beau (des êtres) 3 [3] ; le plus ferme, le plus intelligent, le plus parfait de forme 4 [4] ; suprême en sainteté 5 [5] ; sage pour le bien 6 [6], qui donne la joie à plaisir 7 [7] ; qui nous a créés, qui nous a formés 8 [8], qui nous a entretenus ; qui est l’Esprit très Bienfaisant 9 [9].
  1. 1. Littéralement : « celui qui porte la règle » : v. Études iraniennes, 1, 115, note et Yasna 46 [45], note 30.
  2. 2. Ahura Mazda, le dieu suprême, voir l’Appendice A. — hvarenaṅuhatὸ « qui possède le Hvarenὸ », c’est-à-dire « la Gloire », la lumière surnaturelle qui est l’expression de toute vertu, de toute puissance, de toute félicité : v. Yasht XIX. On pourrait aussi traduire « fortuné », car cette lumière est identifiée à la fortune divine : le pehlvi traduit Hvarenὸ par Gadâ, nom de la fortune et du dieu de la fortune chez les Sémites, et l’adjectif hvarenaṅuhaūt a donné le persan farrukh « fortuné ». (farrukh = farnukh = * farnah-vañt ; farnah est la forme perse de hvarenὸ, f étant sorti de hv par inversion (f = vh), et a donné le persan farr « la majesté royale et divine », doublet de khurra, qui représente la forme zende hvarenὸ).
  3. 3. « Très grand [de corps] ; très bon [de valeur] ; très beau [à voir] » (Commentaire Pehlvi). Auhrmazd n’est donc pas incorporel. Voir note 4.
  4. 4. hukereptemahè : « c’est-à-dire que ses membres sont bien proportionnés »
  5. 5. « De ceux qui sont sainteté incarnée (tan ahlâyîh ; cf. tanu-màthra) il est le plus grand » (Comm. P.).
  6. 6. hudàmanὸ, hùdànâkfrârûn dànâk (Nériosengh : uttamajṅànì, kila sadvijápârajńânì).
  7. 7. vouru-rafnańhὸ : kâmak râmînitar, aîgh aìshàn pun apàyast pun râmishn yâmatùnêt « qui réjouit suivant désir, c’est-à-dire qu’il vient réjouir les gens selon désir » (à son désir ou à leur désir ?).
  8. 8. tan àìvînak « le corps et l’image » : cf. vol. II, 500, n. 5. (N. : tanu-bimbam).
  9. 9. Mainyush speñtôtemὸ : v. Appendice A.