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DE L’HARMONIE.

5.° L’échelle des modernes,

a la plus grande partie de ses élémens d’accord avec ceux de la résonnance du son générateur qui les contient tous, à l’exception de deux ; fa et la ; et ceux-ci rentrent dans le même principe par la manière dont ils sont employés. D’ailleurs le tempérament en vertu duquel on substitue le fa ci-dessus au son (il), et le la à l’un des sons (13) ou (14), est justifié par une foule de raisons qu’il serait trop long d’exposer ici. Nous nous bornerons à dire qu’il suffit, en général, de connaître dans les arts les bases primitives données par la nature, et que, s’il n’était permis d’y rien ajouter, les arts ne seraient plus des arts.

La nature fournit directement le modèle de tous les accords consonnans usités ; elle donne encore celui des dissonnances, sauf une légère différence avouée par l’oreille ; et enfin elle indique le principe général des salvations, comme l’a démontré l’abbé Feytou : que pouvait-elle faire de plus pour dicter toutes les lois d’une harmonie régulière ?

Ainsi les nouvelles découvertes de l’Acoustique nous auraient ramenés à cette conséquence remarquable, que les vrais et uniques fondemens de l’art musical sont donnés immédiatement par le son d’une corde vibrante, et que tous les élémens de cet art sont compris dans la suite naturelle des nombres etc. Ainsi se justifieraient les vues pleines de sagacité que l’abbé Feytou avait portées sur cet objet, à quelques restrictions près qu’une saine raison semble exiger, attendu qu’il ne faut jamais outrer aucun principe.

Ces aperçus, que nous abandonnons à des personnes plus éclairées sur ces matières, sont tirés d’un petit ouvrage que nous terminons en ce moment, touchant le système de M. Villoteau, sur la possibilité et l’utilité d’une théorie exacte des principes naturels de la musique.