Page:Annales de la société Jean-Jacques Rousseau, tome 1.djvu/26

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’une édition complète de sa Correspondance. Aussi, quand l’initiative de M. Bernard Bouvier vint donner le branle à un mouvement qui a abouti à la fondation de la Société Jean-Jacques Rousseau, nul ne s’en est plus réjoui que ceux qui depuis si longtemps travaillaient à l’œuvre même que cette Société doit accomplir.


II

« Si vous vous souvenez, dit Pellisson dans son élégante Histoire de l’Académie française, d’avoir lu dans quelque Poète la description d’une République naissante, où les uns sont occupés à faire des lois et à créer des magistrats, les autres à partager les terres et à tracer les plans des maisons ; ceux-ci à assembler des matériaux, ceux-là à jeter les fondements des temples ou des murailles : imaginez-vous qu’il en fut à peu près de même en cette première institution de l’Académie… »

On aime à suivre Pellisson dans tout le détail qu’il nous donne des premiers jours de cette illustre Académie. Mais il n’y a pas lieu de l’imiter ici, et de raconter par le menu la série des colloques, des délibérations, négociations et correspondances, qui ont abouti à mettre sur pied la Société Jean-Jacques Rousseau. Il suffira de dire qu’après deux séances, où les personnes qui s’intérressaient à cette entreprise se sont réunies chez M. Bernard Bouvier, la Commission d’initiative s’est adressée aux autorités municipales de Genève ; et les premières ouvertures ayant été bien accueillies, la lettre qui suit a été écrite à M. Piguet-Fages, membre du Conseil administratif de la ville :