Page:Annales de la société Jean-Jacques Rousseau, tome 1.djvu/102

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


toute la question qui a fait l’objet de sa querelle avec les libraires genevois, fournit sur tous les points des explications d’une netteté décisive.

Mme de Charrière avait mis la main à tout cela, comme le révèlent ces lignes adressées à Benjamin Constant : « Si quelque jour la nouvelle édition des Confessions vous parvient, sachez que l’avertissement du libraire est de moi, l’épître à M. DuPeyrou aussi de moi (mais l’idée d’en faire une n’est pas de moi, elle est bien de Louis Fauche-Borel) ensuite vous reconnaîtrez bien encore quelques mots, quelques phrases, mais vous garderez pour vous cette reconnaissance, sans en dire un seul mot. »

Le 26 décembre, DuPeyrou écrit à son amie : « Il ne me reste qu’à savourer la douceur d’être défendu par vous avec cent fois plus de talent que je ne puis en mettre à me défendre moi-même… Je suis bien impatient de voir les Éclaircissements… Ils doivent être prêts aujourd’hui ». Ces mots font allusion à une brochure que préparait Mme de Charrière et où, se posant en témoin impartial et désintéressé, elle saisissait l’opinion de la querelle engagée entre DuPeyrou et ses adversaires. Ce petit écrit : Éclaircissements relatifs à la publication des Confessions de Rousseau, est un de ceux où l’auteur a mis tout son zèle, avec infiniment d’esprit. Elle se présente modestement comme la « mouche du coche », par cette épigraphe :


Dame mouche s’en va chanter à leurs oreilles,
DameEt fait cent sottises pareilles.


Elle a soin d’ajouter qu’elle écrit « moins pour M. DuPeyrou que pour la vérité ». De fait, elle commence par railler l’attitude prise par DuPeyrou, et reproche a